Donnes-moi de la violence, je t’en fais de la paix

Qu’on se le dise d’entrée, je ne suis pas une grande habituée d’expositions et encore moins une incollable des mouvements artistiques. Mais peut-être que mon expérience s’annonce comme le déclenchement de mon ouverture au champ artistique, qui sait ? Néanmoins, lorsque j’ai su que l’artiste Yoko Ono exposait à Musée d’Art contemporain de Lyon, ma curiosité s’en est automatiquement trouvée attisée. Je ne m’étais jamais plongée dans l’univers de cette artiste que je connaissais majoritairement en tant que veuve de John Lennon. Il me fallait donc m’immiscer dans son monde, afin de découvrir ce qu’elle pouvait bien y cacher.

J’avais donc pris ma place pour l’exposition qui se déroulait au Musée d’Art contemporain de Lyon. Les habitués diront « MAC » ; c’était malheureusement pour moi ma première fois dans ce lieu emblématique. Je me suis décidée à y aller seule, telle l’Indien dans la ville, afin de prendre le temps que je voulais.

L’exposition Lumière de l’aube se déroule sur 3 étages. Dès l’entrée, les œuvres sont plutôt sombres, avec beaucoup de noir et blanc. Vous me direz « Lumière de l’aube… Ça sonne faux ». Et bien je crois que tout réside dans le contraste, tant dans ses œuvres que dans ce qu’elles symbolisent. A travers la violence, Yoko Ono nous prodigue la paix.

On ne sait vraiment cerner si l’on met le pied dans un univers lugubre et glauque ou bien joyeux et positif. Je crois qu’on y trouve un peu des deux. Dès le départ, on entre dans une grande pièce avec de nombreuses installations. J’ai beaucoup aimé, entre autres, l’espace dédié à de hautes portes blanches. L’installation offre la possibilité de se promener au milieu de celles-ci comme si l’on se promenait entre des choix de vie avec hésitation. On aimerait en ouvrir une comme l’on se saisirait d’une opportunité du quotidien. La visite continue et elle se déroule comme un voyage dans les méandres de notre société, si j’ose le terme bien vague. On voyage au cœur d’une société en mal de paix, criblée de problèmes et de douleur, et pourtant la finalité semble évidente et sublime : la paix et la priorité à l’humain. On s’avance dans une pièce et l’on trouve une rangée de bocaux remplis d’eau et étiquetés d’un nom de célébrité. Comme quoi, nous ne sommes que peu de choses, nous ne sommes que de l’eau. Un peu plus loin, on se retrouve perdu au beau milieu de casques de soldats suspendus remplis de pièces de puzzle. Un peu après, Yoko Ono fera écho à la guerre en Irak à l’aide de vidéos. Un autre élément qui m’a marqué, pour n’en citer qu’un, est l’espace dédié aux violences subies par les femmes pour avoir été femmes. Ces dernières sont invitées à faire part de leurs témoignages concernant les violences subies, lesquels seront imprimés puis affichés sur les murs, accolés à une projection murale saisissante. En somme, Yoko Ono nous plonge dans un sombre univers marqué de violences à tel point que cela puisse devenir dérangeant. Mais elle n’a pas dit son dernier mot et avec toute la dextérité dont elle dispose, elle nous livre un doux message: celui de paix et d’amour.

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De plus, Yoko Ono ne se suffit pas à exposer, elle invite le spectateur à prendre part à son œuvre. On peut tout autant grimper sur l’un des nombreux escabeaux pour prendre un peu de hauteur, que clouer une pièce entière des meubles aux murs, ou encore se rendre dans une pièce obscure dans laquelle toucher de sombres inconnus. J’aime l’idée que le spectateur puisse faire partie de l’exposition, puisse s’approprier certaines œuvres et participer. On s’invite alors à une petite partie d’échecs dans la première salle, ou encore l’on s’inscrit à un atelier le dimanche afin de recoller à l’aide de scotch de la vaisselle cassée comme si l’on réparait le monde.

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On trouve bien évidemment beaucoup d’œuvres en lien avec John Lennon. Des vidéos, de la musique mais aussi des tristes échos à son assassinat prennent une place importante dans Lumière de l’aube. Et cela s’ajuste parfaitement à l’ensemble de ses œuvres puisque transparaît la puissance d’un message pacifiste à chaque fois. Il est indéniable que les événements qu’elle a vécu ont marqué sa créativité. Et j’adore le fait qu’elle laisse transpirer sa personnalité dans tout ce qu’elle fait.

Alors pour la novice de l’art contemporain que j’étais, je suis ravie d’avoir commencé avec l’exposition Lumière de l’aube que propose Yoko Ono. En sortant, on pense n’avoir pas compris cette mystérieuse personne et pourtant on a la sensation de la connaître. De plus, le message en est si fort, et la palette des œuvres de l’artiste si riche.

Je vous invite alors grandement à vous rendre au Musée d’Art contemporain de Lyon. Vous avez jusqu’au 10 juillet ! Toutes les informations ici.

Clara

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